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lundi 16 juin 2014

Charcot à l'ombre de la rue Sigmund Freud

Dans  Rue Freud , j’ai abordé les étapes de la nomination de la rue Sigmund Freud à Paris et depuis j’ai reproduit sur ce blog les archives que j’avais consultées aux Archives Municipales lors de ma recherche. On y lit notamment que la présence de Freud aux côtés de Charcot lors de sa formation a été un argument déterminant pour lui faire honneur en donnant son nom à une rue, si sombre fût-elle…


Ce séjour de Freud en France aura en effet été fondateur pour lui et il s’en souviendra lors de son hommage rendu à la mort de Jean-Martin Charcot. Déjà, il raconte dans une lettre à Martha, alors sa fiancée, le 24 Novembre 1885: « Charcot qui est l’un des plus grands médecins et dont la raison confine au génie, est tout simplement en train de démolir mes conceptions et mes desseins… Ce que je sais, c’est qu’aucun être humain ne m’a jamais affecté de cette façon. »

Plus tard, il publie une traduction en allemand des Leçons du Mardi , ces fameuses leçons auxquelles le tout Paris intellectuel et artistique assistait, parmi lequel vraisemblablement Rodin (Cf Rue Freud Troisième partie, « Danser avec la femme de Loth » ) . Et dans sa notice nécrologique, il en parle d’une façon précieuse pour nous tous, héritiers psychanalystes à travers Freud : « Là il s’attaquait à des cas totalement inconnus de lui, il s’exposait à tous les aléas de l’examen, à toutes les fausses routes d’une première investigation… en rendant compte le plus fidèlement possible de ses démarches de pensée et en s’ouvrant  au mieux de ses doutes et de ses scrupules. »

A propos des hystériques, Freud prend la mesure du changement de regard porté sur elles: « Le travail de Charcot restitua tout d’abord toute sa dignité à ce sujet; on abandonna peu à peu l’habitude du sourire méprisant auquel la malade pouvait alors s’attendre à coup sûr; celle-ci n’était plus par nécessité une simulatrice, puisque Charcot de toute son autorité répondait de l’authenticité et de l’objectivité des phénomènes hystériques. »

Freud rapporte aussi l’expression de Charcot lui-même se qualifiant de « nature artistiquement douée », et aussi de « visuel ». (Cf traduction française in Sigmund Freud , Résultats, Idées, Problèmes I, PUF, 1984).

 Il se trouve que Paris célèbre en ce moment Jean-Martin Charcot avec une belle exposition à la Chapelle St Louis de la Salpétrière à Paris dans laquelle sont attentivement articulés la science et l’art, en fidélité à Charcot. C’est bien l’art de Charcot dessinateur qui est célébré avec la présentation de nombreux dessins conservés dans les archives et pas seulement sa démarche scientifique. Et en écho à cette double facette de son travail, l’exposition présente des œuvres d’artistes contemporains, inspirées par les représentations, discours et photos des malades hystériques avec lesquels Charcot travaillait.


Parmi ces oeuvres, « Les folles d’enfer » de Mâkhi Xenakis (photo ci-dessus), déjà exposées lors du colloque sur Charcot organisé à la Pitié-Salpétrière à l’automne dernier. Mais aussi les fameuses « Extases » d’Ernest Pignon-Ernest, magnifiquement mises en valeur ici.

L’atmosphère qui s’en dégage rappelle particulièrement la femme de Loth de Rodin, aux frontières de la douleur, de la jouissance et de l’abandon extatique (cf Rue Freud).

Cf article du blog sur la nomination de la rue Sigmund Freud: 25/11/2013, "Archives rue Sigmund Freud". Article sur Rodin, la femme de Loth et Freud: 06/02/2014, "Rodin et l'association libre".



lundi 25 novembre 2013

Archives Rue Sigmund Freud


On trouvera ici les documents concernant l'attribution du nom de Freud à une rue du 19ème arrondissement de Paris; documents que j'ai consultés aux Archives municipales de la ville de Paris, porte des Lilas. Je n'en ai cité que quelques extraits dans mon livre.








Les archives suivantes confirment la liste des noms de rue retenues à cette date-là:







avec en article premier celui d'Ali Chekkal sur lequel quelques réserves ont été émises (cf dernière archive ci-dessous)




et en article 19 le nom de rue Sigmund Freud


 


La dernière archive ci-dessous évoque le problème posé par la nomination de la rue Ali Chekkal. Les effets de la guerre d'Algérie sont vifs douze ans après la signature des accords d'Evian.





L'ensemble de ces archives concerne la première partie de Rue Freud en particulier les chapitres intitulés "Sur la zone des commencements", "Au nom de Freud" et "Revenants d'une écriture psychanalytique".




 

mercredi 20 novembre 2013

Boulevards périphériques

         

          Lorsque j'écrivais Rue Freud lors d'un de mes séjours à Sète, sur le quai d'Alger cette fois-là, je lisais en même temps le roman d'Henri Bauchau Le boulevard périphérique. J'y ai juste fait allusion dans mon livre, et pourtant! Je pourrais en faire un fil rouge des voyages de l'inconscient avec les lieux géographiques et psychiques de mon écriture. Je n'avais alors pas encore décidé de faire de la rue Sigmund Freud l'ouverture et le titre de mon livre, même si je l'avais déjà découverte et si j'avais déjà écrit à partir d'elle pour en faire un jour "quelque chose". Je crois que cela a pris corps avec le texte d'Henri Bauchau et la place qu'il y a donnée à ce fameux boulevard périphérique parisien sous lequel se niche la rue Sigmund Freud . 

          Sur le quai d'Alger, j'étais habitée par le boulevard périphérique parisien tout en devant écrire sur la femme de Loth (je travaillais en fait à la rédaction d'un article pour la revue du Coq Héron). Et je me suis trouvée happée par les mouvements du (de la) Comarit, paquebot paradant devant mes fenêtres en entrant et en sortant du port de Sète... Impossible de me rendre aveugle à ces évènements-là! Impossible de ne pas laisser mon écriture s'en imprégner! Je me suis peu à peu laissée prendre par leur dimension mythique. L'écriture d'Henri Bauchau, sa parenté et son affrontement avec la mythologie, a dû me servir inconsciemment de guide. Les grues du port me sont ainsi apparues peu à peu comme des gardiens géants, à la mesure des colosses paquebots... 


 
J'étais encore loin, à l'époque, de savoir qu'un jour j'aurais la possibilité de rencontrer Henri Bauchau lui-même à Louveciennes où il vivait, pour un entretien organisé avec deux de mes collègues de la revue des Lettres de la SPF. Ce saut de l'imaginaire, du fantasme, de la mythologie, de l'écriture, dans le réel de sa présence, a été un évènement fondateur: ce n'est qu'avec lui que j'ai pris conscience de cet héritage.  

Pour poursuivre: Revue Le Coq héron n°196, 2009
Les Lettres de la SPF n°26, article intitulé "A la rencontre d'Henri Bauchau", 2011.

vendredi 15 novembre 2013

RUE FREUD, paru aux éditions "Hermann psychanalyse"

     


La rencontre de la rue Sigmund Freud et les pérégrinations psychiques auxquelles elle m’a conduite est proposée dans ce livre comme ouverture à une dynamique d'écriture psychanalytique, telle que je la rêve et telle que je la cherche. 
Cela commence par le récit d'une simple promenade parisienne entre la Porte des Lilas et la cité de la musique et des sciences de la Villette, sous le signe de noms aux résonances singulières, "Les Archives", "le cimetière du Père-Lachaise". 

Ces noms renvoient aux traces du passé, à l'histoire et à la place des morts; ils invitent à un regard en arrière, comme peut le faire une psychanalyse.  

 C'est le récit d'une marche qui réinvente les lieux à travers le corps qui se déplace, perçoit, éprouve et qui fait résonner la mémoire du marcheur et son expérience.

 C'est le récit d'une promenade muée en une aventure psychique provoquant émotions et troubles de vision et engendrant une curiosité quasi frénétique, non pas seulement intellectuelle, mais bien plutôt de l'ordre de la pulsion, cette pulsion épistémologique dont a parlé Freud. 

Oui, un psychanalyste peut penser, élaborer, interpréter également à partir de son corps, de son émotion, de ses troubles psychiques et les relier à son bagage théorique ...